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Oléron : un siècle de projets pour relier l'île au continent

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Aujourd'hui, il suffit de quelques minutes pour rejoindre l'île d'Oléron depuis le continent. Pourtant, pendant des siècles, la traversée dépendit des marées, des courants et des caprices de la météo. Inauguré le 21 juin 1966, le pont d'Oléron a profondément transformé la vie de l'île. Son histoire est celle d'un projet longtemps rêvé avant de devenir l'un des plus grands ouvrages d'art du littoral atlantique. Quand rejoindre l'île relevait de l'expédition Jusqu'au milieu du XXᵉ siècle, les habitants et les visiteurs devaient emprunter des embarcations puis, plus tard, des bacs reliant Bourcefranc-Le Chapus au Château-d'Oléron. La traversée était relativement courte, mais l'attente pouvait être longue, surtout durant la saison estivale. Les anciens se souviennent encore des files de véhicules sur les estacades, du bruit des moteurs et de l'activité incessante autour des embarquements. Les vestiges de ces installations sont encore ...

Cinq siècles de pêche rochelaise à Terre-Neuve

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Bien avant que les cartographes n'aient fini de dessiner les contours du Nouveau Monde, des marins de La Rochelle avaient déjà jeté leurs lignes dans les eaux glacées de Terre-Neuve. L'historiographe André Thévet avance même la date de 1488 pour les premières incursions rochelaises dans ces parages — soit avant Christophe Colomb. Fait avéré ou légende dorée d'un port fier de ses audaces ? Le débat reste ouvert. Mais en 1534, un événement ôte tout doute : Jacques Cartier, remontant le golfe du Saint-Laurent, croise un navire de La Rochelle qui pêche là, tranquillement, comme si l'endroit lui appartenait depuis toujours. Entre 1497 et 1550, on recense au moins 71 expéditions rochelaises vers les Terres Neuves , un chiffre qui éclipse les armements anglais et portugais de la même époque. Un commerce taillé dans le risque Au XVIIᵉ siècle, la pêche à la morue cesse d'être une simple aventure maritime pour devenir le moteur de la colonisation française en Amérique du Nord...

La tête voyageuse de saint Jean-Baptiste

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Parmi toutes les reliques vénérées au Moyen Âge, peu ont connu un destin aussi extraordinaire que celle attribuée à saint Jean-Baptiste. Prophète respecté par les chrétiens comme par les musulmans, celui que l'on surnomme le « Précurseur » fut décapité sur ordre d'Hérode Antipas au début du Iᵉʳ siècle. Selon les récits évangéliques, sa tête fut présentée sur un plateau après la célèbre danse de Salomé. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Après sa mort commence une autre aventure, celle d'une relique qui, au fil des siècles, semble avoir été retrouvée, perdue, déplacée et redécouverte à de multiples reprises. Au point qu'aujourd'hui encore plusieurs villes et sanctuaires revendiquent la possession du véritable crâne du Baptiste. Le trésor perdu de Saint-Jean-d'Angély L'une des traditions les plus célèbres conduit en Saintonge, au cœur de l'actuelle Charente-Maritime. Selon la légende, le futur roi d'Aquitaine Pépin Iᵉʳ fonda en 817 l'abbay...

Le fiasco du premier pont suspendu de Saintes

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Au XIXᵉ siècle, les ponts suspendus symbolisent le progrès. Légers, élégants et novateurs, ils incarnent la modernité triomphante de la révolution industrielle. Pourtant, à Saintes, l’un de ces ouvrages allait connaître un destin aussi spectaculaire que désastreux. Son histoire est celle d’un échec retentissant, au point que certains habitants en vinrent à regretter les bâtisseurs romains. La fin d’un pont vieux de dix-huit siècles Depuis l’époque romaine, la traversée de la Charente s’effectuait grâce à un pont construit vers les années 18 ou 19 de notre ère. Pendant près de dix-huit siècles, cet ouvrage avait résisté au temps, aux guerres et aux crues saintaises. Mais au début du XIXᵉ siècle, il apparaît inadapté aux besoins de la circulation moderne. Sa chaussée est trop étroite pour permettre à deux attelages de se croiser, tandis que ses imposantes piles favorisent les embâcles et aggravent les inondations hivernales. Les autorités décident alors de tourner la page de l’Antiqu...

Quand les Charentes étaient wisigothes

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 Lorsque l'on évoque l'histoire ancienne des Charentes, on pense souvent aux Gaulois, aux Romains ou encore aux Francs de Clovis. Pourtant, pendant près d'un siècle, les territoires correspondant aujourd'hui à la Charente et à la Charente-Maritime ont appartenu à un royaume dont le centre politique se trouvait à Toulouse : le royaume des Wisigoths. Cette période, qui s'étend approximativement de 412 à 507, a profondément marqué le sud-ouest de la Gaule à la fin de l'Antiquité. L'arrivée des Wisigoths en Aquitaine Les Wisigoths sont un peuple germanique qui a longtemps entretenu des relations complexes avec l'Empire romain. Après avoir traversé les Balkans puis l'Italie, ils entrent dans l'histoire de façon spectaculaire en pillant Rome en 410 sous la conduite d'Alaric. Deux ans plus tard, en 412, ils franchissent les Alpes et s'installent progressivement dans le sud-ouest de la Gaule. À cette époque, les territoires des actuelles Charente...