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Affichage des articles du 2026

Émile Richard, le jeune Angérien disparu avec le Titanic

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Le naufrage du Titanic , dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, demeure l'une des catastrophes maritimes les plus célèbres de l'histoire. Derrière les chiffres des victimes se cachent pourtant des destins individuels qui touchèrent jusqu'aux petites villes françaises. À Saint-Jean-d'Angély, la disparition d'Émile Richard provoqua une vive émotion. Le jeune homme appartenait à une famille de bijoutiers-horlogers bien connue de la ville, mais son avenir se dessinait dans un tout autre secteur : le commerce des eaux-de-vie. La famille Richard occupait depuis longtemps une place importante dans la vie commerçante angérienne. Elle exploitait une horlogerie-bijouterie réputée, installée place du Pilori. Après le décès de M. Richard, le père d'Émile, la maison était dirigée par sa veuve. Quelques jours après le naufrage du Titanic, celle-ci fit d'ailleurs publier un avis dans L'Union nationale afin de rassurer sa clientèle. Malgré les épreuves qui frappaient sa ...

1926 : Marennes perd sa sous-préfecture

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L'année 1926 marque un tournant dans l'histoire de Marennes. Pour redresser les finances du pays, le gouvernement de Raymond Poincaré lance une vaste réforme de l'administration. Parmi les mesures prises figure la suppression de plusieurs sous-préfectures, dont celles de Marennes et de Saint-Jean-d'Angély. Pour la cité ostréicole, chef-lieu d'arrondissement depuis la Révolution, le choc est considérable. En quelques mois, elle perd son rôle de centre administratif, un statut qu'elle occupait depuis plus d'un siècle. Une réforme pour faire des économies Au milieu des années 1920, la France traverse une période financière difficile. Le gouvernement cherche à réduire les dépenses tout en augmentant les recettes de l'État. En Charente-Inférieure, les impôts rapportent beaucoup plus en 1926 qu'en 1925 : les recettes augmentent de plus de 7 millions de francs en un an. Cette hausse s'explique notamment par l'augmentation des taxes sur les ventes im...

L'incendie de la gare de Pons en 1878

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Dans la nuit du 21 au 22 décembre 1878, la gare de Pons est le théâtre d'un spectaculaire incendie qui mobilise toute la ville, les sapeurs-pompiers, les gendarmes et même un détachement de cent soldats venus de Saintes.  Les premières dépêches télégraphiques annoncent la destruction complète de la gare. Quelques jours plus tard, les témoignages permettent toutefois d'établir un bilan plus nuancé : si les dégâts sont considérables, le bâtiment est finalement sauvé de la ruine totale. Une nuit d'alerte L'incendie éclate le samedi 21 décembre 1878, entre 10 h 30 et 11 heures du soir. Selon les récits publiés dans la presse régionale, un employé de service, sorti quelques instants de son bureau, aperçoit soudain une gerbe de flammes jaillissant de la toiture. Il donne immédiatement l'alarme. Très rapidement, les habitants de Pons affluent vers la gare. Les sapeurs-pompiers de la ville, commandés par leur capitaine Polydore Baudouin, sont les premiers à organiser les se...

Huîtres et moules : 2 000 ans de conchyliculture sur la côte charentaise

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Entre la baie de l'Aiguillon au nord et l'estuaire de la Gironde au sud, le littoral charentais offre depuis des siècles un spectacle fascinant. À marée basse, des milliers d'hectares d'estran se découvrent, révélant parcs à huîtres, bouchots et anciens marais salants. Ce paysage, que beaucoup considèrent aujourd'hui comme naturel, est en réalité le fruit d'un patient travail humain. Car bien avant d'être une destination touristique réputée, la côte charentaise était déjà un immense jardin marin. Depuis l'Antiquité, les habitants y récoltent et élèvent les coquillages qui ont façonné l'économie, la gastronomie et même l'identité culturelle de l'Aunis et de la Saintonge. Les Romains récoltaient déjà les huîtres L'histoire de la conchyliculture locale commence il y a près de deux mille ans. Les fouilles archéologiques menées dans de nombreux sites gallo-romains de la région ont révélé d'importants amas de coquilles d'huîtres. Les ha...

14 juillet 1789 à La Rochelle : la disette avant la Révolution

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Lorsque l'on évoque l'année 1789, les images qui viennent immédiatement à l'esprit sont celles de la prise de la Bastille, de la Grande Peur ou encore de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Localement, les registres de délibérations du corps de ville de La Rochelle montrent une réalité plus nuancée. À travers ces procès-verbaux, on découvre une municipalité qui, pendant plusieurs semaines, continue de gérer les préoccupations très concrètes de la vie quotidienne avant de voir les événements révolutionnaires s'imposer progressivement dans ses décisions. Le 26 juin 1789, rien ne laisse encore transparaître la tempête politique qui secoue le royaume. Les officiers municipaux se préoccupent d'abord du bon fonctionnement des services publics. Ils chargent une commission de veiller à l'exactitude du service assuré par la chaloupe d'observation destinée à la surveillance des baigneurs. Depuis plusieurs années déjà, les bains de mer attirent une ...

Le drame de Martrou précipita la fin des bacs sur la Charente

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Le 25 octobre 1874, un terrible accident endeuille le passage de Martrou, entre Rochefort et Échillais. En quelques secondes, l'explosion d'un remorqueur à vapeur pulvérise l'embarcation, tue ses trois membres d'équipage et marque durablement les esprits. Cette catastrophe, aujourd'hui largement oubliée, jouera pourtant un rôle dans l'abandon progressif des bacs au profit d'une liaison fixe, prélude à la construction du pont transbordeur inauguré vingt-six ans plus tard. Une explosion d'une violence inouïe En cette matinée du 25 octobre 1874, le remorqueur à vapeur La Seudre vient d'amener le bac sur la rive droite de la Charente. Il s'éloigne pour revenir vers Martrou lorsqu'une formidable détonation retentit. L'explosion est d'une violence exceptionnelle. Selon les témoins, des débris sont projetés jusque sur les deux rives du fleuve. Le bateau est littéralement coupé en deux au niveau de sa chaudière avant de sombrer presque insta...

La Tour de Broue, forteresse fantôme d'un golfe disparu

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Lorsque l'on se balade au pied de la Tour de Broue, à Saint-Sornin, le regard se perd sur un paysage paisible de marais, de prairies et de canaux. Rien ne semble rappeler la présence de la mer. Pourtant, il y a près de mille ans, l'Atlantique s'étendait au pied même de cette forteresse de pierre. La Tour de Broue constitue le dernier témoin d'un vaste golfe maritime aujourd'hui disparu : le golfe de Saintonge. Son histoire raconte à la fois la puissance des seigneurs médiévaux, la richesse du commerce du sel et la spectaculaire transformation du littoral charentais. Une sentinelle dressée au bord de la mer Le château de Broue apparaît dans les textes dès le milieu du XIᵉ siècle. Édifié sur un promontoire rocheux culminant à une trentaine de mètres au-dessus du niveau de la mer, il dominait alors un immense bras d'eau qui pénétrait profondément dans les terres. La tour actuelle, vestige principal de l'ancienne forteresse, s'élève à environ vingt-cinq mètr...

Quand une maladie oubliée frappait la Saintonge

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À l'été 1906, la Charente-Inférieure connut l'une des dernières grandes épidémies d'une maladie aujourd'hui presque oubliée : la suette miliaire. En quelques semaines, près de 3 500 habitants furent touchés dans l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély. On estime qu'elle tua une quarantaine de personnes en Charente-Inférieure et une soixantaine en Charente. Si la mortalité demeura relativement faible, la peur fut immense. Les foires furent interdites, les écoles fermées et un vaste dispositif sanitaire fut déployé. Pendant plusieurs semaines, toute une partie de la Saintonge vécut au rythme de cette mystérieuse maladie. Une maladie aussi ancienne qu'énigmatique Au début du XXᵉ siècle, la suette miliaire était encore considérée comme une maladie infectieuse spécifique. Elle se manifestait par une forte fièvre, des sueurs abondantes et continues, puis une éruption de petites vésicules rappelant des grains de millet, d'où son nom. Les médecins de l'é...

Sanglante mutinerie au large de Ré

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L'automne 1875 voit se dérouler l'une des plus extraordinaires affaires criminelles du XIXᵉ siècle. À bord du trois-mâts Lennie , une mutinerie tourne au bain de sang dans le golfe de Gascogne. Trois officiers sont assassinés, leurs corps disparaissent dans les flots et le navire tombe aux mains de mutins incapables de naviguer. Pourtant, c'est grâce au sang-froid d'un steward belge et à l'aide d'un jeune mousse français que cette tragédie connaîtra son dénouement... entre les Sables-d'Olonne, l'île de Ré et La Rochelle. Un équipage désuni En octobre 1875, le Lennie , grand trois-mâts de 950 tonnes immatriculé à Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, quitte le port d'Anvers. Sa destination définitive n'est pas encore arrêtée : il doit recevoir ses instructions en cours de route pour rejoindre La Nouvelle-Orléans ou New York. Le commandement est assuré par le capitaine canadien Stanley Hatfield, assisté du premier lieutenant irlandais Joseph Wortley et du ...

Une invasion de campagnols ruine les récoltes

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Aujourd'hui, les invasions de campagnols sont surveillées de près par les agriculteurs. Mais il est difficile d'imaginer qu'au début du XXᵉ siècle, la Charente-Inférieure ait connu une véritable calamité, au point que les autorités parlent d'un fléau sans exemple  et d'une calamité publique . En 1904, des millions de petits rongeurs transformèrent champs et prairies en un immense gruyère, ruinant des récoltes entières et mobilisant tout un département dans une lutte désespérée. Des campagnes dévorées L'année 1904 restera longtemps gravée dans les mémoires rurales. L'invasion touche l'ensemble des arrondissements de la Charente-Inférieure, avec une violence particulière dans le nord et l'ouest du département. Les campagnols s'attaquent à presque tout : les champs de blé, les autres céréales, les betteraves, les pommes de terre, les prairies destinées au fourrage et même les vignobles. Dans certaines communes, les récoltes sont presque entièrement ...

A Tahiti, une villa nommée Saintonge

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À plus de 15 000 kilomètres de la Charente-Maritime, au cœur de la Polynésie française, une élégante demeure coloniale porte depuis plus de 130 ans un nom familier aux habitants de notre région : La Saintonge. Construite par un enfant de l'île d'Oléron devenu l'un des hommes les plus influents de Tahiti, cette villa a connu un destin hors du commun. Résidence d'un grand négociant, maison entourée de légendes, foyer artistique, mairie de la commune d'Arue, puis monument historique, elle raconte à sa manière l'aventure des Charentais partis faire fortune aux antipodes. Un Oléronais à la conquête du Pacifique L'histoire de la villa est indissociable de celle de son propriétaire, Victor Raoulx (1842-1914). Né sur l'île d'Oléron, il arrive à Tahiti en 1861 comme simple matelot à bord du navire de l'État La Dorade . Libéré de ses obligations militaires deux ans plus tard, il choisit de rester en Polynésie plutôt que de rentrer en métropole. Après avoir...

Une traversée mortelle pour Oléron

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Au milieu du XIXᵉ siècle, rejoindre l'île d'Oléron depuis le continent n'avait rien d'une formalité. Aucune digue submersible, aucun pont : seuls de modestes bateaux de passage, manœuvrés à la voile, assuraient la liaison entre la pointe du Chapus et le Château-d'Oléron. Un trajet court — un mille à peine — mais que la moindre saute de vent pouvait transformer en piège mortel. C'est ce qui s'est produit le samedi 2 décembre 1848, dans un drame qui allait endeuiller plusieurs familles de l'île et secouer jusqu'au Conseil général de la Charente-Inférieure. Six noyés, un seul survivant Entre deux et trois heures de l'après-midi, ce jour-là, un canot de passage quitte la pointe du Chapus avec sept personnes à son bord, en direction du Château-d'Oléron. La traversée est courte, la routine bien établie. Mais au milieu du chenal, un grain se lève brutalement. La voile, retenue par une écoute que le patron n'a pas le temps de larguer, se gonfl...

Royan : les fauves meurent dans l'incendie du Champ de Foire

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Le 10 août 1893, en pleine saison estivale, Royan est frappée par l'une des catastrophes les plus spectaculaires de son histoire. En quelques minutes seulement, un gigantesque incendie transforme le champ de foire de la ville en un immense brasier. Baraques, théâtres ambulants, manèges et ménagerie sont engloutis par les flammes sous les yeux d'une foule terrorisée. Une belle journée qui vire au cauchemar Ce jeudi d'août s'annonçait pourtant comme une journée prospère pour les forains installés sur le champ de foire de Royan. Les vacanciers affluent dans la station balnéaire, les spectacles de l'après-midi se préparent, et les recettes promettent d'être excellentes. Vers une heure et demie de l'après-midi, le drame éclate. À proximité du champ de foire, dans la rue des Tilleuls, la scierie Pinaud prend feu. Très rapidement, les flammes gagnent en intensité. Attisées par le vent, des flammèches sont projetées vers les installations foraines voisines. Quelques...

Du train des huîtres au Train des Mouettes

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C'est un anniversaire marquant pour le pays de la Seudre. Il y a tout juste 150 ans, le 24 juin 1876, la ligne de chemin de fer reliant Saujon à La Tremblade entrait en service. Aujourd'hui parcourue par le Train des Mouettes, cette voie ferrée est bien plus qu'une attraction touristique. Elle est l'héritière d'un projet qui a profondément transformé l'économie et les communications du littoral charentais. Des élus opposés au chemin de fer Au milieu du XIXᵉ siècle, les habitants de Marennes, de La Tremblade et de toute la vallée de la Seudre se plaignent d'un même problème : l'insuffisance des moyens de transport. Les routes sont souvent difficiles, les déplacements lents, et les échanges commerciaux pâtissent de cet isolement relatif. Les élus locaux réclament donc avec insistance l'arrivée du chemin de fer. Les conseils d'arrondissement de Marennes et de Saintes multiplient les démarches auprès du Conseil général afin d'obtenir une liaison...

La Charente-Inférieure sous les grandes chaleurs du XIXᵉ siècle

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Si les épisodes de canicule se multiplient et s'aggravent incontestablement avec le changement climatique actuel, des périodes de chaleur exceptionnelle ont parfois marqué le passé de la Charente-Inférieure. Retour sur quelques étés brûlants du XIXᵉ siècle. 1843 : une température insolite  qui ruine les récoltes L'une des premières alertes apparaît en 1843. Cette année-là, alors que les récoltes s'annoncent prometteuses, une température insolite  associée à des orages vient compromettre les espérances des cultivateurs. Dans un département dont l'économie repose encore largement sur l'agriculture, un tel phénomène constitue une menace directe pour les revenus des familles rurales. Les autorités constatent déjà qu'un excès de chaleur peut être aussi destructeur qu'un excès de pluie. Les marais transformés en foyers de maladie Les grandes chaleurs inquiètent particulièrement dans les vastes zones humides du département. Les marais de Brouage, de Rochefort ou de...